Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti

Blason de l'Université Laval

Chaire de recherche
du Canada

en patrimoine religieux bâti

Chantiers de recherche

D’une certaine manière, le patrimoine réfère à tout ce que la société a produit et lègue aux générations futures. Tout ce qui nous entoure, toutes les institutions que l’humain a créées, tous les paysages qu’il a modifiés, tous les biens mobiliers et immobiliers qu’il a fabriqués et construits à différentes époques et en différents lieux, constituent cet important patrimoine hérité de nos prédécesseurs.

Contrairement au réflexe habituel d’isoler les œuvres et les objets de leur contexte, nous tentons, à la Chaire, à appréhender les relations qui existent entre ceux-ci et les environnements immédiats auxquels ils appartiennent ainsi que les circonstances de leur production. Nous cherchons à élucider les façons dont les espaces ont été habités, appropriés puis abandonnés. En fait, nous interrogeons l’environnement bâti pour apprendre qui nous avons été, qui nous sommes et qui nous voulons devenir. Nos recherches portent autant sur les lieux et les paysages dits « extraordinaires » tels les monuments et les lieux de mémoire officiellement reconnus, que sur les lieux les plus ordinaires, comme les lieux du quotidien.

Au fil des années, le programme de recherche de la Chaire de recherche en patrimoine religieux bâti a abordé trois grands thèmes.


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Table du conseil général, réfectoire de la maison mère des Soeurs Grises de Montréal, c. 1920, ASGM.

L’empreinte religieuse sur l’environnement bâti

Au Québec, tout comme ailleurs au Canada et aux États-Unis, les Églises et les communautés religieuses ont grandement façonné l’environnement bâti où elles se sont établies. L’éventail des bâtiments qu’elles ont construits ou occupés et des propriétés qu’elles ont acquises et exploitées est énorme. En dépit du soi-disant déclin de la pratique religieuse, on continue de construire selon sa foi, sa vision du monde. Parallèlement, on cède ou vend les édifices et sites jugés redondants. Les nouveaux propriétaires les transforment pour qu’ils correspondent à leurs propres besoins ou les démolissent pour faire place à de nouveaux projets de développement. En plus de documenter et d’expliciter l’évolution de ces « paysages religieux » dans toute leur complexité, que ces paysages soient catholiques ou d’une autre religion, nous analysons les projets de conservation, de requalification et de mise en valeur afin de tirer des leçons et d’élaborer des solutions qui pérennisent le site et l’édifice ainsi que les valeurs matérielles et immatérielles qui y sont associés.


Les cœurs de villes et villages en région

DSC_0379-1La vitalité des petites municipalités en périphérie de la province de Québec est préoccupante. L’exode des jeunes vers de plus gros centres urbains, le vieillissement de la population sur place, l’arrivée des néo-ruraux des centres urbains et l’implantation d’immigrants d’autres pays affectent, inévitablement, les dynamiques sociales et économiques des communautés. L’importance du patrimoine local pour la collectivité se trouve altéré et cela soulève parfois des conflits par rapport aux valeurs qu’il peut avoir ainsi que l’investissement à y consentir afin de le pérenniser, ou non, particulièrement quand les ressources financières et humaines ne sont pas au rendez-vous. Pourtant, les vagues successives de groupes ethno-religieux ont laissé leurs marques sur le territoire : par la délimitation de leurs paroisses respectives, l’édification de leurs lieux de culte, cimetières, et écoles confessionnelles. Quoique les frontières entre les dénominations paraissent, en rétrospective, élastiques et perméables. Chaque collaboration avec une localité nous présente une occasion d’explorer davantage de pistes de sauvegarde et de mise en valeur de ces lieux témoins de la ruralité québécoise. Chaque étude de cas nous en apprend sur les manières d’exprimer une foi, une croyance à travers la culture matérielle et la sacralisation des paysages.


Le cadre bâti et les paysages culturels historiques et contemporains des Premières Nations

DSC_0112Dans leur volonté de « civiliser les Autochtones » les Églises et l’État ont souvent sapé leurs traditions en leur imposant des façons de vivre et de construire qui leur étaient étrangères, mettant ainsi un frein à l’expression de leur vision du monde. La croissance démographique chez les peuples autochtones mets une pression considérable sur les infrastructures publiques et l’habitation existante. L’agrandissement des réserves et villages appelle à la conception de nouveaux édifices scolaires, administratifs, culturels ainsi que des logements pour répondre au développement, durable et sain, de leurs communautés, à partir des leçons qu’ils auront tirées de descriptions fiables et sensibles de l’histoire de la planification et de la construction des réserves comme milieu de vie. Des comparaisons entre les réserves et les villes allochtones avoisinantes, où résident bon nombre d’autochtones, révèlent des similarités mais aussi des différences non négligeables qui renseignent aussi les professionnels en architecture et en urbanisme, les instances gouvernementales et tribales et les membres des bandes autochtones sur les pratiques passées et actuelles. Finalement, une compréhension fine de l’évolution du milieu bâti autochtone et son expression contemporaine sert de tremplin dans l’innovation de nouvelles formes architecturales et urbaines et dans l’amélioration des processus de travail et de collaboration afin de créer et habiter des espaces qui incarnent les valeurs et la spiritualité autochtone tout en soutenant la prospérité économique et les liens sociaux.

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Responsable : Tania Martin | Tania.Martin@arc.ulaval.ca