Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti

Blason de l'Université Laval

Chaire de recherche
du Canada

en patrimoine religieux bâti

À propos de la Chaire

DSC_0035Vous êtes-vous déjà arrêté pour examiner le lieu où vous habitez ou où vous travaillez? Peut-être êtes vous comme le poisson dans l’eau qui ne se rend pas compte de ce que l’entoure, la matrice qui est le support de son existence.

Au cœur des travaux de la Chaire est la prémisse suivante : l’environnement bâti est une archive à quatre dimensions à fouiller, et ce à toutes les échelles, du territoire à l’ameublement d’une pièce. La sédimentation des choix antérieurs, pris consciemment ou à l’insu des acteurs, l’environnement bâti – composé de paysages, sites, bâtiments, et décors – traduit une ou plusieurs visions du monde. Le milieu de vie résultant recèle, lui aussi, des valeurs variées que les gens y attribuent et qui guident, au final, leurs décisions quant à sa requalification ou sa démolition.

La Chaire vous invite donc à explorer, à travers la méthodologie de l’étude des paysages culturels, la stratification et la fragmentation de réalités telles que l’asymétrie des genres, les inégalités des classes socioéconomiques, la discrimination raciale ou ethnique, et d’autres formes d’exercice du pouvoir. Les différentes expériences et interprétations que s’en font individus et collectivités de ces lieux varient au gré des circonstances. Elles sont sans cesse soumises à une redéfinition à partir de la cumulation de nouvelles connaissances et à partir de perspectives contrastantes du vécu d’une personne ou d’un groupe. La Chaire vous convie également à mener une réflexion sur comment intervenir sur l’environnement existant et historique pour en faire des milieux de vie où chacun puisse s’épanouir, et donc, à concevoir des projets, à imaginer des politiques, et à envisager la formation universitaire et citoyenne de façon à tenir compte du développement durable, de l’équité économique et de la justice sociale.


La titulaire de la Chaire, Tania Martin, souhaite partager ses intérêts de recherche pour construire une compréhension intégrée de l’environnement bâti, à partir d’une méthodologie de l’étude des paysages culturels, tout en développant des stratégies de mise en valeur et d’intervention sensible.

À la Chaire, nous nous appuyons généralement sur quatre approches complémentaires pour générer des données utiles relatives à l’étude de l’environnement bâti et pour les analyser et interpréter. Les relevés sur le terrain s’apparentent à l’inspection de l’état actuel d’un bâtiment. Cette méthode révèle des faits introuvables en archives et insondables par entrevues. La démarche de relevé consiste à recueillir systématiquement des données visuelles et spatiales in situ, en observant méticuleusement les lieux à l’aide principalement de la photographie et de la cartographie. De plus, on mesure et dessine chaque élément afin de capter toutes les caractéristiques de l’objet et du site à l’étude ainsi que de son contexte. S’ajoutent à ces procédés la collecte d’histoire orale auprès de porteurs de mémoire ainsi que la lecture d’écrits et l’examen de documents iconographiques, notamment en archives. Ces sources d’informations supplémentaires enrichissent les données empiriques. Leur croisement corrobore des théories ou soulève des contradictions à résoudre.

Le traitement et l’analyse de ces données se fait à partir de perspectives disciplinaires multiples et avec une boîte à outils diversifiés. En voici quelques exemples : la comparaison synchronique et diachronique (ex. des typologies, des régions, des rôles des acteurs dans un processus de création et de transformation d’un paysage culturel); la morphogenèse, c’est-à-dire l’étude de l’évolution des formes architecturales et urbaines, de la composition de l’espace; l’investigation des changements de fonction et configuration des espaces, des significations qui leurs sont attribuées et des représentations imaginaires et concrètes qu’en font les gens. Les résultats de ces analyses donnent de la matière à théoriser. Ils fournissent la base sur laquelle nous pouvons échafauder des hypothèses relatives aux manières que les gens habitent leur environnement, aujourd’hui et par le passé; comprendre l’importance qu’ils accordent aux lieux où ils vivent, travaillent et prient; et finalement, envisager de nouveaux desseins et de nouvelles transformations du cadre bâti.

DSC_0185La recherche participative convoque des groupes de non-universitaires, citoyens et instances gouvernementales à échanger avec les universitaires dans le cadre d’activités intersectorielles telles des ateliers de travail. L’apport d’intervenants locaux est non négligeable car qui mieux qu’eux connait intimement leur milieu de vie et de pratique? Ces « experts » posent un regard qui s’avère très pertinent sur les valeurs d’un lieu et ils détiennent une opinion sur l’importance de celui-ci pour la collectivité. Finalement, ils peuvent diagnostiquer les besoins et se prononcer sur les aspirations de leur quartier, ville, ou région.

La recherche-création, qui se fait normalement par le biais d’ateliers de design et d’essai-projets à l’École d’architecture de l’Université Laval, est le véhicule privilégié pour la conception de programmes novateurs et de solutions imaginatives en architecture et en design urbain. Les meilleurs projets s’enracinent dans la documentation rigoureuse de l’environnement bâti existant. L’exploration par le design est aussi le banc d’essai pour envisager des stratégies de conservation et de requalification du patrimoine bâti et des paysages culturels appropriées et sensibles. Encore là, celles qui respectent l’intégrité historique et la panoplie de valeurs patrimoniales associées au lieu reposent sur une évaluation fine du site et du bâtiment. La réflexion sur les meilleures pratiques se fonde sur l’analyse comparative de cas d’études, de précédents où il y a eu intervention nouvelle dans un tissu ancien.

Toutes ces approches de recherche empruntent et combinent librement les méthodologies employées dans les disciplines telles l’architecture, l’archéologie, l’ethnologie, l’histoire et la géographie.

La Chaire invite à se joindre à son équipe toute personne qui s’intéresse à la recherche transdisciplinaire et multisectorielle ainsi qu’à son programme de recherche, de présenter sa candidature en proposant un projet de mémoire de maitrise, thèse de doctorat ou de stage postdoctoral.

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Responsable : Tania Martin | Tania.Martin@arc.ulaval.ca